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En discutant de vélo avec un ami, il m'indique qu'il connaît la personne en charge de la mise en place du plan vélo de la Mairie de Paris. Ni une, ni deux, je lui demande de me mettre en relation avec elle pour lui poser quelques questions.

 

 

1. Bonjour Charlotte, sur ton profil Linkedin il est indiqué que tu es "Cheffe de la Mission Aménagements Cyclables" à la Mairie de Paris : peux-tu nous expliquer en quoi consiste ton travail concrètement ?

J'ai deux missions principales :

a) Piloter la conception et la réalisation des pistes cyclables du plan vélo de la Ville de Paris. Mon objectif est de livrer les pistes dans le mandat (faire les travaux) et s'assurer qu'elles soient le plus fonctionnelles possible, pour attirer de nouveaux cyclistes ;
b) Développer les doctrines de la ville sur les bonnes pratiques en termes d'aménagements cyclables. Je suis la référence aménagements cyclables au sein de la direction de la voirie et des déplacements (la direction qui entretient et aménage l'espace public parisien) et je donne mon avis sur tous les projets, sous l'angle du vélo.

 

 

2. Sur une page de son site internet, la Mairie de Paris prétend vouloir devenir "la capitale mondiale du vélo" : peut-on réellement imaginer Paris devenir aussi "friendly" pour les cyclistes que des villes comme Amsterdam ou Copenhague ?

Dans les années 70, Amsterdam et Copenhague étaient tout aussi orientées vers le déplacement automobile que nous aujourd'hui. Il y avait très peu de cyclistes. Mais ils ont choisi de développer le vélo comme alternative à la voiture et ont construit tout un réseau de pistes cyclables sécurisées et maillées qui ont permis de faire venir plein de cyclistes. Si nous faisons la même chose, il n'y aucune raison que nous n'obtenions pas le même résultat.

 

 

3. Comme beaucoup de reportages l'ont montré au cours des derniers mois (voir le numéro d'Envoyé Spécial du 24 mai 2018), il devient de plus en plus difficile de se déplacer à Paris parce qu'il y a simplement trop de monde pour un espace limité – les voies de circulation sont saturées. Une conséquence de cela est que beaucoup de personnes qui aimeraient se mettre au vélo ne le font pas parce qu'elles ont peur de se retrouver au milieu du flux de voitures et de scooters : comment comptez-vous réduire leur nombre pour donner plus de place aux mobilités douces comme le vélo ?

Effectivement le plus grand frein à la pratique du vélo est le sentiment d'insécurité. C'est pourquoi nous développons des pistes cyclables, larges et aussi sécurisées que possible. Et surtout en site propre, donc le ou la cycliste n'est pas mélangé.e avec les voitures, bus ou piétons. Pour faire ces pistes dans un espace limité, nous devons enlevé de la place à quelqu'un. Nous faisons le choix de ne pas enlever de place aux piétons, ni aux espaces verts ou rangées d'arbres. De fait, nous enlevons donc de l'espace à la circulation motorisée.

 

 

4. A partir de quel moment tu te diras que tu auras réussi ta mission ?

C'est un travail sans fin 🙂 Je pense que j'aurais réussi quand on aura atteint l'objectif de 15% de déplacements à vélo, soit 3 fois plus qu'en 2015. Et que parmi ces nouveaux cyclistes, il y aura des enfants qui vont à l'école à vélo.

 

Super, merci beaucoup !

 

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