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Il y a une dizaine de jours, je suis tombé sur plusieurs contenus qui rapportaient le succès de #FillTheBottle. Présent sur différents médias sociaux (TwitterInstagram), ce hashtag montre des personnes ayant ramassé des mégots de cigarettes dans une bouteille.

 
 
Une initiative écolo et citoyenne dont Amel Talha, une jeune lycéenne de 18 ans originaire de Chelles en Seine-et-Marne, est à l'origine. Je lui ai posé 4 questions.
 
 
 
 
1. Bonjour Amel, le concept de remplir une bouteilles de mégots puis d'en publier la photo sur les médias sociaux n'est pas nouveau. Pourtant, malgré cette tendance, personne n'avait encore créé de hashtag. Pourquoi as-tu décidé d'en créer un ?
 
Eh bien, au début j'ai juste retweeté la photo de la bouteille remplie de mégots avec comme description "qui sur Paris pour monter un crew et faire du nettoyage ?" et un ami (@kingchris287) a donné l'idée d'en faire un challenge. Je me suis dit que l'idée étais géniale alors j'ai proposé le # en commentaire. C'était un bon moyen d'allier réseaux sociaux et gestes écolos.
 
 
 
 
2. Encore énormément de personnes jettent leur mégot par terre. Selon toi, quelles sont les clés pour les inciter à changer de comportement ?
 
Beaucoup de gens nous ont écrit pour nous dire que grâce au # ils avaient changer leur habitudes, certains ont même acheter des cendriers de poches. Malheureusement, encore beaucoup font les sourds et continuent leur "je‑m'en-foutisme". Pour ceux-là, si la sensibilisation ne suffit pas, il faudra faire appel à des méthodes plus "radicales". Je pense aux amendes, par exemple. C'est bien dommage d'être obligé d'en arriver jusque-là. Je continue de croire que sensibiliser les gens, installer plus de cendriers, les inciter à acheter des cendriers de poche à quelques euros suffit. Il faut que les gens comprennent d'eux-mêmes que leurs incivilités, qui sont pourtant faciles à éviter, sont lourdes de conséquences.
 
 
 
 
3. Etant donné que tu en es l'instigatrice, le succès de #FillTheBottle t'a également donné une visibilité médiatique. Or, au-delà de son caractère écologique, j'ai aussi trouvé que cette histoire avait une portée symbolique : tu es une jeune femme "racisée" de banlieue alors que, dans les médias, les personnes qui parlent d'écologie sont plutôt blanches. D'ailleurs, il n'est pas rare d'entendre que l'écologie est un "truc de riches". Qu'est-ce que tu en penses ?
 
Je pense que l'écologie n'a strictement rien à voir avec l’ethnie, l'âge, le sexe, etc. Absolument chacun des individus qu’abrite cette Terre est concerné. Jusqu'à preuve du contraire, nous partageons tous la même planète et respirons tous le même air.
 
Je trouve que, même si depuis quelques années les gens se réveillent de plus en plus et réalisent enfin l'urgence, l'écologiste à du mal à se décoller de cette image négative du "bobo". L'écologie, et être écologiste, ce n'est pas être vegan, porter un sac en toile, se doucher une fois par mois et ne plus jamais toucher un Big Mac.
 
 
A mon sens, être écolo revient aussi à ne pas jeter ses déchets dans la rue, c'est faire des petits gestes comme faire du tri, du composte, télécharger des applications comme "Too Good To Go" qui lutte contre le gaspillage en vous permettant d'acheter des invendus à un prix parfois hallucinant pour la qualité de la nourriture. Je pense aussi au moteur de recherche Ecosia qui vous permet, grâce a vos recherches, de planter des arbres. Enfin bon, la liste est longue mais de chez soi, on peux déjà faire pas mal de choses sans trop bousculer ses habitudes. Je ne prétends pas être un symbole et encore moins la nouvelle Greta, mais si moi je peux faire tout ça, personne n'a d'excuses valables.
 
 
 
4. Dans les 24 heures après son lancement, le hashtag #FillTheBottle a été tweeté plus de 30 000 fois. Des dizaines de milliers de personnes du monde entier se sont mis à faire comme toi. Puis, tu as été interviewée par BrutBFM ou encore la BBC ! Qu'est-ce que ça fait de voir qu'un simple hashtag peut provoquer tout ça ?
 
A vrai dire, je m'attendais à tout sauf à ça. J'ai mis un moment à réaliser l'ampleur que ça a pris et, encore aujourd'hui, j'ai du mal a me dire que je suis passée devant des milliers de personnes à travers le monde grâce à BBC… Je suis super fière de voir toutes ces personnes faire le challenge et poster leurs photos, je suis contente que ça ait pu réveiller les gens. J'ai eu 18 ans 3 jours avant que tout cela commence et je m'attendais pas à ce que ma majorité soit marquée a vie comme ça à vrai dire ahah.
 
 
 
Merci Amel, c'est super ce que tu as fait ! D'ailleurs, on doit être plusieurs à se demander : tu veux faire quoi plus tard ? Ce sera lié à l'écologie ou pas du tout ?
 
Merci à toi de m'avoir contactée ! Alors je me lance dans des études de médecine, la finalité serait de faire de l'humanitaire. Mon rêve ultime ce serait de faire une sorte de cabinet sur roulette et d'aller faire le tour de monde pour donner la chance à ceux qui ne l'ont pas d'avoir des soins adaptés et suffisants.
 
Je ne supporte pas d'être inutile et impuissante face à toutes les horreurs qu'il peut y avoir dans ce monde. J'essaie donc d'apporter ma pierre à l'édifice. (Mais rien ne m'empêche de faire d'autres choses en rapport avec l'écologie à coté évidemment).
 
 
Génial, encore merci et à bientôt !
 
La jeunesse est décidément pleine de promesse.
 
Bonne semaine,
 
Charles
 
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