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Voilà ce que vous avez dû vous dire en voyant arriver cet email dans votre boîte.

 

Au fond, vous n'avez pas tort puisque le dernier email que je vous ai envoyé date d'il y a tout juste un mois, c'était celui qui portait sur la peintre Samantha French :

 

 

Comme beaucoup de monde aujourd'hui, je cours après le temps et l'écriture se retrouve malheureusement en bas de la liste.

 

Alors, quoi de neuf ? 

 

La nouveauté de ce début d'année, c'est que j'ai désormais une vie militante. J'ai voulu m'engager pour plus d'écologie et de solidarité.

 

Résultat : je suis candidat (à une place non éligible) sur la liste écologiste du XIXème arrondissement de Paris pour les élections municipales des 15 et 22 mars.

 

 

Il y a encore un an, j'étais désespéré de l'inertie et du verrouillage de notre système politique. Et puis, je me suis dit que l'on pouvait et devait changer ce "système" autant de l'extérieur (manifestations, désobéissance civile, engagement associatif) que de l'intérieur, c'est-à-dire en faisant de la politique.

 

Il y a encore un an, je me disais que ce n'était pas les vieux partis qui changeraient le cours des choses. Et, quelque part, c'est toujours le cas : je crois davantage en la capacité de la société civile pour ça. Sauf que, en attendant que "le cours des choses" change, il y a toujours des élections qui se tiennent. Et, si un bon nombre d'entre nous se disent que la politique ne sert plus à rien, ça laisse la porte grande ouverte à ceux qui pensent le contraire et qui déroulent leurs programmes en gagnant des mairies ou l'Elysée.

 

Or, un territoire dirigé par une équipe "écolo", "En Marche", "LR" ou "RN" peut impacter nos vies de manière très différente.

 

Bref, l'objet de ce billet n'est clairement pas de faire de l'auto-promo alors je m'arrêterai ici sur ce point. En tout cas, je peux vous dire que, pour l'instant, c'est une aventure aussi prenante que passionnante.

 


 

En juillet dernier, j'avais écrit un billet sur une formation que j'avais suivie pour devenir mécanicien vélo.

 

Depuis, je travaille dans l'atelier du magasin Décathlon du quartier de Rosa Parks dans le XIXème arrondissement.

 

 

Je prends beaucoup de plaisir à réparer des vélos et à résoudre des vrais problèmes qu'ont des vrais gens. L'équipe est super sympa et l'esprit de camaraderie qui m'avait tant plu en formation est toujours là.

 

Je vous mets ici quelques photos prises par une amie, Marianne Girardet :

 

 

Par contre, c'est physiquement très éprouvant (je me suis pris une grosse claque en commençant) et je gagne le SMIC. Bref, ayant connu le statut de cadre, j'ai aujourd'hui le sentiment d'être exploité.

 

Je sais que ce mot est très fort mais, derrière l'image cool de Décathlon, de marque préférée des Français et de "Great Place to Work", se cache une armée de jobs précaires et mal payés.

 

Me concernant, je suis aux 35 heures et je touche un salaire mensuel de 1173€ nets. Bref, impossible de vivre correctement à Paris avec ce niveau de rémunération. C'est difficile à admettre à mon âge (34 ans) mais ce sont les aides sociales que je touche en complément qui me permettent de m'en sortir.

 

 

Loin de moi l'idée de vouloir construire un discours victimisant ou une image de grand sage. Néanmoins, je dois dire que ce travail et cette position de "smicard" m'ont aidé à comprendre des choses importantes que je ne comprenais pas avant. Ou bien, je dirais plutôt que je ne pouvais pas comprendre.

 

D'une certaine manière, je comprends mieux l'énorme déconnexion entre les différentes classes sociales, notamment entre les classes "inférieures" et les classes supérieures dirigeantes. Notre société étant hyper cloisonnée, il très difficile, pour ne pas dire impossible (à moins d'avoir une sensibilité et une fibre empathique très développées) de s'imaginer ce que vivent les gens de la "France d'en bas" quand on n'en fait pas partie.

 


 

A part ça, voilà, en vrac, quelques réflexions que je voulais partager avec vous :

  • J'ai regardé un documentaire dont on m'a beaucoup parlé dernièrement : The Game Changers, disponible sur Netflix. Et oui, ça porte encore sur la place de la viande dans l'alimentation. Cette fois-ci, ce sont des sportifs de très haut niveau qui en parle et c'est pour le moins surprenant :

 

  • Je me rends compte que j'ai de plus en plus de mal à regarder un film sans être tenté de regarder mon téléphone pour checker mes emails, Twitter, etc. C'est fou à quel point je vois mon attention devenir moins résistante à force d'être soumise aux écrans et à leurs interfaces et notifications distrayantes ;

 

  • Si vous aimez lire des choses intéressantes et variées, abonnez-vous à Brain Food Journal qui vous enverra une newsletter quotidienne avec des extraits de romans, d'ouvrages de sciences humaines, etc. :

 

  • J'ai commencé à faire mes produits d'entretien (produit vaisselle, lessive, etc.) moi-même et je me suis très largement inspiré de cette courte vidéo. Résultats : ça me coûte moins cher, c'est moins nocif pour ma santé et l'environnement et c'est toujours aussi efficace.

 

  • Je voulais vous envoyer ces deux articles en début d'année mais j'ai préféré sélectionner d'autres contenus. Marianne a mené des entretiens avec des experts (fiables et reconnus) pour leur demander leur point de vue sur le déroulé de la décennie 2020. Si vous voulez avoir une compréhension assez large et complète sur le sujet, je vous invite à lire les entretiens de Gaël Giraud (focus finance et économie) et de Jean-Marc Jancovici (focus énergie) ;

 

  • "Jésus Sauve" : depuis plusieurs mois à Paris, on voit ces tags fleurir sur les murs de la capitale.

Anecdotiques ? Non, puisqu'ils sont le symbole du boom de l'évangélisme en France. Dans les villes comme à la campagne, des dizaines de milliers de Français se convertissent à cette pratique bien connue aux Etats-Unis et au Brésil. Après un développement foudroyant en Afrique et en Asie, les évangélistes percent donc en Europe.

Autre fait révélateur, le footballeur champion du monde Olivier Giroud, lui aussi devenu évangéliste, a fait la couverture du magazine "Jésus !" en septembre dernier :

 

  • "OK boomer" : j'ai appris cette expression il y a quelques mois et qui exprime le ras-le-bol des générations Y et Z face à la génération des "baby boomers" (d'où l'expression) qui ne comprendrait pas certaines problématiques (environnement, minorités, capitalisme, etc.). L'expression fait un tabac chez les jeunes et s'utilise comme un "c'est ça, cause toujours" qu'on lancerait à quelqu'un que l'on dédaigne. Le New York Times en a même fait un article pour expliquer que "OK boomer" marquait la fin de relations amicales entre les générations. De mon point de vue, je comprends l'exaspération des jeunes par rapport à certaines positions de leurs aînés mais je ne suis pas sûr que faire passer les "vieux" pour des cons apaise les débats et favorise la compréhension mutuelle.

 


 

Allez, je m'arrête là 🙂

 

A bientôt !

 

Charles

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