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Hello tout le monde,

 

J'espère que vous allez bien et je vous souhaite une bonne année !

 

Ca faisait plusieurs mois que je n'avais rien publié et ça commençait à me manquer.

 

Je viens de terminer une BD super intéressante, "Le choix du chômage", et je me suis dit que c'était l'occasion parfaite d'en faire un billet.

 

 

Cette BD est passionnante et je me suis noté 8 enseignements que j'aimerais partager avec vous.

 

Juste avant de vous les énoncer, je vous mets le résumé pour que vous sachiez un peu plus de quoi ça relève :

"Un livre d'une brûlante actualité sur le choix des dirigeants européens, depuis le début des années 1980 jusqu'à aujourd'hui, de sacrifier l'emploi… et les effets dévastateurs de ce choix. C'est une enquête fouillée, documentée, riche des témoignages d'anciens ministres, de conseillers de présidents de la République, d'anciens directeurs du Trésor ou du FMI, de banquiers, d'économistes, de juristes, de sociologues et de philosophes… Benoît Collombat, journaliste à France Inter, a enquêté sur ce qui a fait basculer les choses : comment et pourquoi les hommes politiques ont "remis les clés" de l'organisation du monde à l'économie et à la finance. Ce basculement repose sur la victoire idéologique, à un moment donné, d'une pensée : le néolibéralisme, pour qui le rôle de l'État est avant tout de servir le marché. Quelles personnalités sont à l'origine de ces grands choix économiques ? Quel rôle a joué la construction européenne ? Aujourd'hui, l'épidémie du coronavirus montre bien l'urgence de s'interroger sur ces choix politiques et économiques."

 

Voilà les 8 enseignements :

 

1️⃣ La "règle" du déficit qui ne doit pas dépasser les 3% du PIB : ça s'est fait à la va-vite sans aucune rationalité économique. Mitterrand avait seulement besoin de communiquer sur une règle liée au déficit. Aujourd'hui, ce chiffre devenu une religion et limite malheureusement les investissements publics.

 

 

 

2️⃣ Lors du 1er mandat de Mitterrand, son programme prévoyait de nationaliser des banques. Un critère de sélection avait alors été défini : le montant de leurs dépôts. Il fallait donc définir un seuil au-delà duquel on nationaliserait.

 

 

À la dernière minute, ce seuil a été revu à la hausse parce qu'il menaçait la banque Lazard d'être nationalisée. Son PDG de l'époque a passé un coup de fil à Jacques Attali, alors conseiller spécial à l'Elysée, et l'affaire était réglée.

 

 

 

3️⃣ L'histoire, qui nous est racontée à l'école, d'une Europe unifiée et fédérale qui visait la paix et la prospérité des peuples est un enrobage qui cache des objectifs moins avouables.

 

 

Pensé par les Américains et le milieu des affaires et de la banque, le projet européen consistait avant tout à contenir l'URSS et à créer un marché unique qui offrirait de formidables débouchés au secteur privé. L'Europe va en fait servir de légitimation à une construction libérale.

 

 

 

4️⃣ La France, par l'intermédiaire de responsables politiques rattachés au Parti Socialiste, a eu un rôle moteur dans la construction d'un marché financier libéral. Il est faux de dire que l'application de ce modèle en France s'est faite sous la contrainte de la mondialisation.

 

 

 

5️⃣ D'après une partie de l'intelligentsia libérale, c'est seulement en imposant des contraintes extérieures à l'économie française que celle-ci se transformera. Et l'UE sert à ça : imposer discrètement des "réformes" que les gouvernements nationaux auraient du mal à faire voter.

 

 

 

6️⃣ À sa mort Alfred Nobel, n'avait pas prévu d'inclure l'économie parmi les disciplines qui se verraient décerner un prix chaque année. En réaction, les milieux néolibéraux créèrent un faux prix Nobel : le "Prix d'économie de la banque de Suède à la mémoire d'Alfred Nobel".

 

Ce prix a fini par s'imposer et n'est plus dissocié des autres "vrais" prix Nobel. L'objectif initial de cette initiative : donner l'illusion que l'économie est une science exacte, pour la soustraire aux débats politique et démocratique.

 

 

 

7️⃣ On nous explique que la création monétaire est très complexe et doit nécessairement passer par les banques privées : c'est faux. La monnaie pourrait (et devrait) être un bien public et appartenir aux états mais celle-ci a été privatisée.

 

 

 

8️⃣ Pendant la crise de 2008, les 4 grandes banques françaises étaient au bord de la faillite. Elles ont été sauvées in extremis par l'état, via un prêt de 10 milliards d'€, et ce, sans aucune conditionnalité alors qu'il fallait leur imposer un changement de leurs pratiques pour éviter une redite.

 

 

 

Si vous souhaitez emprunter la BD, n'hésitez pas à me demander – je vous la prêterai avec plaisir 🙂

 

A bientôt et prenez soin de vous !

 

Charles 

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